Société

Pédophilie dans l’Église. En visite en Irlande, le pape François dit sa « honte »

Pope Francis walks to the dias to speak in St Patricks Hall in Dublin Castle in Dublin on August 25, 2018, during his visit to Ireland to attend the 2018 World Meeting of Families. Pope Francis said he shared in the "shame and pain" of the Catholic Church's "failure" to deal with years of sexual abuse scandals as he began a historic two-day visit to Ireland on Saturday. / AFP / Tiziana FABI

Le pape François est en Irlande ce samedi 24 août afin de clôturer la Rencontre mondiale des familles, mais il était surtout attendu sur le dossier sans fin des abus du clergé. Il a évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques ». En fin de journée, il a rencontré des victimes d’abus commis par des prêtres.

Le pape François a évoqué samedi 24 août à Dublin sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » pour affronter de manière adéquate les « crimes ignobles » du clergé en Irlande.

« L’échec des autorités ecclésiastiques – évêques, supérieurs religieux, prêtres et autres – pour affronter de manière adéquate ces crimes ignobles a justement suscité l’indignation et reste une cause de souffrance et de honte pour la communauté catholique. Moi-même, je partage ces sentiments », a-t-il déclaré devant les autorités politiques et civiles irlandaises peu après son arrivée dans le pays.

Benoit XVI montre la voie
Le pape argentin a fait référence à son prédécesseur Benoit XVI, qui avait écrit en 2010 une lettre à tous les catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l’Église dans les abus commis en Irlande. « Son intervention franche et résolue continue à servir d’encouragement aux efforts des autorités ecclésiales pour remédier aux erreurs passées et adopter des règles rigoureuses visant à assurer que cela ne se reproduise pas de nouveau », a-t-il estimé.

Je souhaite que la gravité des scandales des abus, qui ont fait émerger les défaillances de beaucoup, serve à souligner l’importance de la protection des mineurs et des adultes vulnérables de la part de toute la société”, a ajouté le pape.

François, qui effectue ce voyage en Irlande 39 ans après celui de Jean Paul II dans une société irlandaise en pleine sécularisation, a aussi encouragé la population à garder la foi. « Je prie afin que l’Irlande, tandis qu’elle écoute la polyphonie du débat politico-social contemporain, n’oublie pas les vibrantes mélodies du message chrétien, qui l’ont soutenue dans le passé et peuvent continuer à le faire dans l’avenir », a-t-il plaidé.

Le Premier ministre irlandais veut rendre « justice aux victimes »
Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a appelé le pape François à user de sa « position »et de son « influence » pour faire en sorte que « justice » soit rendue aux victimes d’abus commis par des ecclésiastiques dans « le monde entier ».

« Les blessures sont encore ouvertes et il y a beaucoup à faire pour que les victimes et les survivants obtiennent justice, vérité et guérison. Saint-Père, je vous demande d’utiliser votre position et votre influence pour que cela se fasse ici en Irlande et dans le monde entier », a déclaré Leo Varadkar à l’occasion de la visite du souverain pontife en Irlande.

« Nous devons à présent veiller à ce que les paroles soient suivies par des actes », a-t-il insisté, lors d’un discours au château de Dublin aux côtés du souverain pontife. « Par-dessus tout, Saint-Père, je vous demande d’écouter les victimes », a ajouté le Premier ministre alors que, depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.

Une nouvelle relation entre l’Église et l’État en Irlande ?
« C’est une histoire de tristesse et de honte », une « tache sur notre État, notre société et sur l’Église catholique », a estimé Léo Varadkar en parlant de ces abus. Le chef de l’exécutif irlandais a également évoqué la place de l’Église catholique irlandaise, dont l’influence, autrefois si grande, n’a cessé de décliner en raison des scandales de pédophilie et de l’évolution des mœurs dans ce pays de près de cinq millions d’habitants.

« Saint-Père, je crois que le moment est venu pour nous de construire une nouvelle relation entre l’Église et l’État en Irlande – une nouvelle alliance pour le XXIe siècle. J’espère que votre visite marque l’ouverture d’un nouveau chapitre dans les relations entre l’Irlande et l’Église catholique », a-t-il ajouté.

« S’appuyant sur notre histoire entrelacée et tirant les leçons de nos erreurs communes, il peut s’agir d’une religion qui n’est peut-être plus au centre de notre société, mais dans laquelle elle occupe toujours une place importante », a-t-il dit.

Rencontre avec des « survivants »
Le pape François a ensuite rencontré pendant une heure et demie huit victimes irlandaises d’abus commis par des membres du clergé, des religieux et des personnes au sein d’institutions catholiques, a annoncé le porte-parole du Vatican.

Cette rencontre très attendue avec « des survivants », en partie identifiés dans un communiqué du Vatican, s’est déroulée en fin de journée au premier jour de la visite du pape en Irlande.

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La Rédaction

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