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« Mauritius Leaks » : l’île qui siphonne les rentrées fiscales de l’Afrique

A tour guide stands with a group of tourists at a viewpoint overlooking Port Louis June 6, 2008. REUTERS/Ed Harris (MAURITIUS) - GM1E4661HJQ01

Voyage dans les lacis de l’évasion et de l’optimisation qui coûtent chaque année au continent 50 milliards de dollars, selon l’OCDE.

Rock, philanthropie et business, le trio gagnant ? Pour le chanteur irlandais Bob Geldof, l’Afrique c’est tout ça à la fois. Si le continent s’est longtemps résumé pour lui à des tragédies, c’est surtout devenu un territoire « d’extraordinaires opportunités d’affaires et d’investissements », selon ses dires.

L’aventure commence en 1985 alors que la famine sévit en Ethiopie. Mué en militant, l’ancien leader des Boomtown Rats réunit en juillet une poignée d’amis rockeurs pour un concert de charité, Live Aid,retransmis sur les télévisions du monde entier, qui rapporte 212,5 millions de dollars (190 millions d’euros) de dons. La reine Elizabeth II l’anoblit l’année suivante.

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Mais « Sir Bob » va changer de rhétorique au fil des ans. Plutôt quede « sauver l’Afrique », il s’inquiète de « contribuer au développement économique » du continent. Pour ce faire, l’ancienne rock star cofonde à Londres en 2012 un fonds de « private-equity », 8 Miles,qu’il préside sans en assurer la gestion. Le rockeur ambitionne d’investir près de 224 millions de dollars dans des sociétés africaines d’agrobusiness, de santé, d’éducation ou encore d’immobilier et de télécommunications.

Et si 8 Miles communique volontiers sur les vertus environnementales et sociales de ses prises de participations – de 15 % à 45 % dans des sociétés africaines – pour un montant total de près de 150 millions de dollars, s’il insiste sur sa volonté d’« améliorer la transparence, la prise de décision et la responsabilisation », le groupe de Bob Geldof communique moins sur le fait qu’il opère depuis Maurice, plateforme décomplexée de la finance « offshore ».

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La Rédaction

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