Santé & Bien être Sexualité

PREP 4 Love: traitement préventif contre le VIH

La Prep s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH et consiste à prendre un médicament afin d’éviter de se faire contaminer. Ce principe de prévention médicamenteuse n’est pas spécifique au VIH : médicaments pour éviter d’attraper le paludisme, statines pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires, etc. Comme tout médicament, la Prep doit être prescrite par un-e médecin et nécessite un suivi (voir « Comment accéder à la Prep ? »).

PREP ≠ TPE

Il ne faut pas confondre la Prep avec le traitement post-exposition (TPE) dit aussi « traitement d’urgence » qui doit être pris au plus tard dans les 48 heures après un risque de transmission puis tous les jours pendant un mois.

PREP ≠ TASP

Il ne faut pas non plus confondre la Prep avec les traitements qui sont donnés aux personnes vivant avec le VIH : lorsqu’une personne dépistée séropositive prend correctement son traitement, la quantité de virus dans son corps devient extrêmement faible, on parle de « charge virale indétectable ». Dans les essais, lorsque la charge virale est indétectable depuis au moins six mois, aucune transmission du VIH n’a été observée, même lors de rapports sexuels sans préservatif.

QUEL MÉDICAMENT ?

À l’heure actuelle, le seul médicament utilisé pour la Prep associe deux antirétroviraux contre le VIH : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil. Ce médicament est commercialisé sous la marque Truvada® et existe désormais en versions génériques.

Les recherches se poursuivent afin d’identifier de nouvelles molécules ainsi que d’autres modes d’administration.

UNE STRATÉGIE EFFICACE ET RECOMMANDÉE !

Plusieurs recherches ont prouvé l’efficacité de la Prep en prise continue et en prise à la demande : Iprex Ole (États-Unis), Partners Prep (Kenya, Ouganda), Proud (Royaume-Uni), ANRS-Ipergay (France, Canada). Ces recherches ont été menées principalement chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) mais certaines ont aussi concerné des personnes trans et des couples hétérosexuels.

Tous ces essais montrent que quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime.

Sur la base des bons résultats de ces recherches, la Prep est désormais recommandée par de nombreuses instances nationales et internationales : Organisation mondiale de la santé (OMS), Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), groupe d’experts-es contre le VIH, Haute Autorité de santé (HAS).

UN IMPACT COLLECTIF

Il est encore tôt pour l’affirmer de façon certaine mais plusieurs indices semblent montrer que la Prep a eu un effet sur la baisse des contaminations :

  • à San Francisco, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 49 % entre 2012 (année où la Prep a été autorisée aux États-Unis) et 2016 ;
  • au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 18 % entre 2015 et 2016. Cette baisse est encore plus impressionnante chez les HSH à Londres : – 29 %.

Dans ces deux cas, la baisse du nombre de découvertes de séropositivité au VIH est inédite dans l’histoire de la maladie. Il est probable qu’elle soit également imputable à un meilleur dépistage et aux traitements des personnes vivant avec le VIH qui empêchent la transmission du virus et qui sont prescrits de plus en plus rapidement après le diagnostic.

  • En France, l’étude ANRS-Prévenir qui a débuté en 2017 a justement pour objectif d’évaluer l’efficacité de la Prep sur la dynamique de l’épidémie en Île-de-France.

Quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime.

LA PREP PROTÈGE UNIQUEMENT CONTRE LE VIH

Il est important de souligner que la Prep, tout comme le TPE, ne protège pas d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) : gonorrhée, condylomes (liés au pa- pillomavirus), chlamydia, hépatites A/B/C, syphilis, etc.
Elle ne prévient pas non plus les grossesses non désirées. C’est pourquoi la Prep doit être accompagnée d’un suivi renforcé et individualisé en santé sexuelle : préservatifs, vaccinations, dépistages réguliers des IST, tests de grossesse, contraceptions.

POUR UNE PRÉVENTION DIVERSIFIÉE CONTRE LE VIH !

La Prep vient s’ajouter à une palette d’outils de prévention contre le VIH qui peuvent être utilisés seuls ou en se combinant. C’est ce qu’on appelle la prévention diversifiée :

  • l’usage de préservatifs internes et externes et de gel lubrifiant ;
  • les dépistages réguliers du VIH (dépistage classique, test rapide, autotest) ;
  • le recours au TPE en cas d’urgence ;
  • le recours au traitement VIH comme outil de prévention chez le-la partenaire sé-

    ropositif-ve : charge virale indétectable depuis au moins six mois = pas de cas

    rapporté de transmission au-à la partenaire séronégatif-ve ;

  • l’utilisation de matériel à usage unique lors de la consommation de drogues (injection, sniff, chemsex, slam, etc.).

prep prevention panel

Choisir d’utiliser la Prep, tout comme choisir d’utiliser des préservatifs ou d’autres outils, est une décision personnelle. La seule chose qui importe est de trouver la stratégie de prévention qui vous convient le mieux et contribue à votre épanouissement sexuel.

LES EFFETS INDÉSIRABLES

La prise d’emtricitabine/ténofovir disoproxil pour réduire le risque de contracter le VIH est généralement bien tolérée. Mais comme la plupart des médicaments, elle peut occasionner des effets indésirables.
Il est possible d’éprouver de légères nausées ou des diarrhées (1 personne sur 10), des maux de tête ou de perdre un peu de poids au début du traitement. Dans les études, ces effets disparaissent en quatre à huit semaines.

Des effets secondaires plus sérieux, liés à des problèmes rénaux ou osseux, sont rares. Au cas où ils se produisent, ils sont réversibles à l’arrêt du traitement. C’est pourquoi une surveillance de la fonction rénale est nécessaire avec la Prep.

INTERACTIONS

L’emtricitabine/ténofovir disoproxil n’a pas d’interaction connue avec l’alcool ou les drogues récréatives, ni avec la plupart des antidépresseurs, les traitements contra- ceptifs et autres traitements hormonaux. Il n’y a pas non plus d’effets connus sur la libido et la performance sexuelle.

En revanche, il est déconseillé d’utiliser, en particulier de façon prolongée, d’autres médicaments toxiques pour les reins comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofène, Voltarène®, Indocid®, etc.).

Il faut également éviter de consommer, deux heures avant et deux heures après ses prises de Prep, des produits tels que le psyllium, le charbon actif ou des pansements gastriques.

Pour les interactions, nous vous conseillons d’utiliser la réglette d’Actions Traitements.

prep interaction

ET SUR LE LONG TERME ?

Il existe de nombreuses données sur la sécurité à long terme de ce médicament car il est utilisé depuis plus de dix ans dans les trithérapies qui sont prescrites aux personnes vivant avec le VIH. La Prep étant un nouvel outil de prévention, il n’existe pas encore de telles données pour les personnes séronégatives.

Pour toutes ces raisons, il est indispensable d’avoir un suivi médical régulier lorsqu’on prend la Prep. Les soignants-es sont tout à fait en capacité de s’assurer de la bonne tolérance du médicament par des examens biologiques réguliers.

Un cadre réglementaire : l’AMM

Pour être commercialisé, le Truvada® et ses génériques emtricitabine/ténofovir disoproxil bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). L’AMM précise notamment les indications thérapeutiques et les conditions d’utilisation (posologie, effets indésirables, contre-indications) en fonction des essais cliniques menés par les firmes pharmaceutiques.

L’AMM du Truvada® a été modifiée début 2017 pour y ajouter l’indication de Prep, pour les populations cibles (adultes seulement) et selon le schéma continu uniquement. Actuellement, le laboratoire n’en ayant pas fait la requête, l’AMM n’inclut pas la prescription de Prep selon le schéma « à la demande » pourtant validé par l’essai ANRS-Ipergay et recommandé par des instances scientifiques reconnues (groupe d’experts-es sur le VIH, HAS). Il est néanmoins possible de prendre la Prep à la demande.

A qui s’adresse la PrEP ?

La PrEP est actuellement indiquée pour toutes les personnes de plus de 18 ans qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH, en particulier

Sur la base des recommandations de l’OMS et de la stratégie nationale de santé sexuelle (SNSS), la Prep s’adresse en priorité aux publics ayant un haut risque d’acquisition du VIH :

  • les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ;
  • les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des hommes ;
  • les personnes originaires d’Afrique subsaharienne ou d’autres régions du monde à forte prévalence (ex. : Guyane) et en particulier les femmes en situation de précarité ;
  • les travailleurs-ses du sexe exposés-es à des relations sexuelles sans préservatif ;
  • les usagers-es de drogues par voie intraveineuse avec partage de seringue.

LES CONTRE-INDICATIONS MÉDICALES

L’initiation d’un traitement par emtricitabine/ténofovir disoproxil dans le cadre de la Prep est contre-indiquée en cas de :

  • séropositivité au VIH ou sérologie VIH inconnue ;
  • présence de signes ou symptômes d’infection aiguë par le VIH (symptômes proche d’une grippe, ganglions, etc.) ;
  • problématiques rénales caractérisées par une clairance à la créatinine < 50 ml/min ;
  • hypersensibilité à l’un des principes actifs ou des excipients du produit.

Dans tous les cas c’est le-la médecin qui décide de prescrire ou non la Prep après avoir analysé avec vous votre risque d’acquisition du VIH et vérifié d’éventuelles contre-indications. Malgré un niveau de risque évident, il peut arriver qu’un-e médecin refuse de vous prescrire la Prep. Dans ce cas, vous pouvez si vous le souhaitez prendre l’avis d’un-e autre praticien-ne.

FEMMES ET PREP

Un comprimé par jour !

Pour toutes les femmes (cis ou trans) qui ont des rapports vaginaux réceptifs, seul le schéma de prise continue (un comprimé par jour) doit être envisagé. Le schéma de prise « à la demande » n’est pas recommandé pour elles car l’efficacité du traitement pourrait être insuffisante d’après le niveau de connaissance actuel.

L’OMS estime désormais que l’efficacité maximale du traitement est atteinte dès sept jours de prise continue, pour les hommes comme pour les femmes.

Désir d’enfant ?

En cas d’envie de concevoir, de grossesse ou d’allaitement, nous vous conseillons d’en parler à votre médecin qui vous suit pour la Prep.

Contraception

Rappelons que la Prep n’est pas un moyen de contraception. Pour prévenir une grossesse non désirée, il est donc important, en parallèle de la Prep, de mettre en place une stratégie de contraception adaptée à votre vie, à votre histoire, à vos pratiques. La Prep ne présente d’interaction avec aucun moyen de contraception.

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La Rédaction

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