Politique Internationale

Élections anticipées en Turquie

La décision du pouvoir turc d’organiser des élections anticipées dans deux mois partage la presse turque. Certains journaux s’en félicitent, tandis que la presse d’opposition, qui critique ce choix, espère néanmoins que ce moment crucial pour l’avenir du pays sonnera la chute du président Erdogan.

Mercredi 18 avril, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé l’organisation d’élections présidentielle et législatives anticipées le 24 juin. Le journal pro gouvernemental Sabah approuve cette décision, justifiée par les “menaces” qui pèsent sur le pays : Les menaces auxquelles fait référence le président sont bel et bien réelles, et graves. En ce moment, de graves menaces venues de l’intérieur comme de l’extérieur du pays visent la stabilité, la paix et le développement de la Turquie.”

C’est à l’issue du scrutin présidentiel, initialement prévu pour novembre 2019, qu’entrera en vigueur la réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017 et qui a permis le passage à un régime présidentiel fort, qui renforcera encore les pouvoirs de Recep Tayyip Erdogan, s’il est élu. “Face aux menaces qui pèsent sur notre Turquie, il nous faut passer rapidement au nouveau système, nous renforcer et nous tenir prêt à tout, accélérer le mécanisme de prise de décision, se débarrasser de certains mécanismes et de certaines fonctions, qui sont autant d’obstacles”, estime  le rédacteur en chef du quotidien islamo-nationaliste Yeni Safak.

Si Erdogan l’emporte, il aura tous les pouvoirs

Mais ce besoin d’aller vite est loin de faire l’unanimité dans la presse turque. “Un moment critique pour la Turquie : la marche vers la démocratie ou la chute dans les ténèbres ?” s´interroge Hasan Cemal dans les colonne du media en ligne d’opposition T24.

Pourquoi tant de précipitation de la part d’Erdogan ? À cause de sa chute progressive dans les sondages ? De la situation économique et de la crise qui s’annonce ? […] Une chose est sûre, si Erdogan parvient à l’emporter comme il l’espère, il aura tous les pouvoirs entre ses mains. Les partis d’opposition seront-ils capables, dans un laps de temps aussi court, de se mettre d’accord sur un candidat commun pour espérer remporter la majorité des voix ?”

Pour le journal de l´opposition Kémaliste de gauche Cumhuriyet, il reste cependant des raisons d’espérer : Lors du référendum d’avril 2017, ils ont fait en sorte de comptabiliser des bulletins non scellés, dans les localités kurdes, les forces spéciales menaçaient, si le non l’emportait, de brûler les villages. Malgré cela et malgré les autres tricheries, l’AKP et son dirigeant ont eu les plus grandes difficultés à obtenir 50 % des voix. Maintenant, nous avons soixante-sept jours pour faire notre devoir démocratique et lui retirer le pouvoir des mains. C’est possible.”

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Dr L.

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