Politique Internationale

Décès de John McCain : pourquoi Trump ne devrait pas assister à ses obsèques

Le président et le sénateur républicains ne s’appréciaient pas du tout. Le premier a faiblement rendu hommage au second, décédé samedi d’un cancer du cerveau.
Pas un mot particulier. En saluant la mémoire de John McCain, le sénateur républicain de l’Arizona qui s’est éteint samedi à l’âge de 81 ans, Donald Trump a fait le service minimum. Le président s’est contenté d’un message sur Twitter, son canal de communication commun, où se noient les informations et réactions venues du locataire de la Maison Blanche.

« Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos cœurs et nos prières sont avec vous ! », a écrit M. Trump.
A l’inverse, la plupart des élus et anciens élus américains ont publié un communiqué dans les minutes suivant l’annonce du décès, l’ancien président George W. Bush saluant par exemple un « homme de profonde conviction et un patriote au plus haut degré », Barack Obama sa « fidélité » aux « idéaux », le démocrate Bill Clinton un serviteur désintéressé de la Nation.

Même Melania Trump a semblé plus sincère que son mari, remerciant John McCain pour son « service à la Nation ».

En mai dernier, des proches de McCain, souffrant d’un cancer du cerveau, avaient fait savoir que ce dernier ne souhaitait pas la présence de Donald Trump à ses obsèques. Car bien que du même parti, les deux hommes ne s’estimaient pas.

Leurs parcours, tendus vers un même but, la Maison-Blanche, sont à l’opposé. Vétéran de la guerre du Vietnam, John McCain a fait sa carrière politique au sein des Républicains, depuis 1982. Il a gravi toutes les marches, jusqu’à emporter l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle de 2008, face à Barack Obama. Donald Trump, lui, en a beaucoup rêvé, souvent changé de bord politique par opportunisme électoral mais le milliardaire a finalement peu travaillé en amont pour emporter la victoire en novembre 2016.

Pendant la campagne, bien que soucieux de se faire réélire pour un sixième mandat de sénateur, McCain n’avait cessé de reprocher à Trump ses écarts de langage, son populisme ou sa proximité avec Poutine. Un mois avant l’élection présidentielle, en octobre 2016, il avait retiré son soutien à Trump, pour protester contre des propos misogynes.

« J’aime les gens qui ne se font pas capturer »
Trump, il est vrai, n’a pas été tendre pendant la campagne. En juillet 2015, le magnat de l’immobilier et de la téléréalité n’est encore que candidat aux primaires. Il affirme que McCain « n’est pas un héros de guerre. C’est un héros de guerre parce qu’il a été capturé », clame-t-il, ajoutant méchamment : « j’aime les gens qui ne se font pas capturer ». Consternation générale. McCain a bien été capturé à Hanoï, mais il a refusé d’être libéré pour servir la propagande du front de libération vietnamien et est resté prisonnier plus de cinq ans, subissant la torture. Trump, lui, est parvenu à repousser son incorporation à trois reprises, avant d’être réformé. Le lendemain, le candidat tente de se rattraper : « J’ai dit quatre fois qu’il était un héros », maugrée-t-il à propos de McCain. Ajoutant que « les gens sélectionnent des petits morceaux ».

Leurs positions les opposent aussi. Si l’ancien militaire n’a cessé de défendre une politique militariste, il s’est souvent montré favorable à des compromis avec les démocrates. En juillet de l’année dernière, c’est même sa voix qui avait fait échouer la réforme de santé de Donald Trump, visant à abroger la couverture santé baptisée « Obamacare ». McCain et deux autres sénateurs avaient voté contre leur camp.

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La Rédaction

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