Politique Internationale

Corée : poignée de main entre Kim et Moon avant un sommet historique

Cette réunion des leaders du Nord et du Sud est une illustration supplémentaire de la spectaculaire détente qui touche la péninsule depuis le 1er janvier.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in sont réunis ce vendredi pour un sommet historique. Ce rapprochement s’est illustré par une poignée de main hautement symbolique entre les deux leaders sur la Ligne de démarcation militaire qui divise la péninsule.

Poignée de main et émotion. « Je suis heureux de vous rencontrer », a lancé Moon Jae-in à son homologue tout sourire. Celui-ci a alors franchi la ligne de démarcation marquée par une marche en béton, devenant le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-1953).

A l’invitation de Kim Jong-un, et en dehors de tout le programme, les deux dirigeants ont brièvement marché du côté nord-coréen de la frontière. Le porte-parole de la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, a expliqué ensuite comment ce moment avait pu se produire. « M. Moon a dit à M. Kim : Quand vais-je pouvoir visiter le Nord ?“. Et le leader nord-coréen de répondre: “Pourquoi pas maintenant?“, a-t-il dit.

Les deux dirigeants se sont rendu à pied à la Maison de la paix, une structure de verre et de béton située dans la partie sud du village de Panmunjom, où fut signé l’armistice.

« Je suis venu ici déterminé à donner un signal de départ, au seuil d’une histoire nouvelle », a déclaré Kim Jong-un au début du sommet, se déclarant « inondé par l’émotion ». Il a fait le vœu de garder « un état d’esprit franc, sérieux et honnête ».

L’espoir d’un « accord audacieux ». L’arsenal atomique nord-coréen figure en bonne place du menu des discussions et Moon Jae-in a espéré conclure « un accord audacieux afin d’offrir à l’ensemble du peuple coréen et aux gens qui veulent la paix un grand cadeau ».

Le leader nord-coréen était accompagné par sa sœur et proche conseillère Kim Yo Jong, ainsi que par son responsable des relations intercoréennes. Moon Jae-in était flanqué par le patron du renseignement nord-coréen et par son directeur de cabinet.

« Kim Jong-un discutera en toute franchise avec Moon Jae-in de tous les problèmes rencontrés pour améliorer les relations intercoréennes et parvenir à la paix, la prospérité et la réunification », a souligné l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Préparer le face-à-face entre Kim et Trump. Cette réunion est une illustration supplémentaire de la spectaculaire détente qui s’est emparée de la péninsule depuis que Kim Jong-un a annoncé le 1er janvier, à la surprise générale, que son pays participerait aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, au Sud.

Moon Jae-in a saisi la branche d’olivier olympique pour lancer le dialogue avec Pyongyang, expliquant que le sommet intercoréen servirait de base à la réunion entre le Nord et Washington.

La Maison Blanche a souhaité dans un communiqué que le sommet débouche sur un « futur de paix et de prospérité pour toute la péninsule coréenne ». Le président Trump a exigé que le Nord renonce à ses armes nucléaires et Washington réclame que la dénucléarisation soit totale, vérifiable et irréversible.

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Mais le directeur du secrétariat de la présidence sud-coréenne Im Jong-seok a prévenu jeudi que rien n’était gagné : les avancées technologiques des programmes balistique et nucléaire du Nord signifient que tout accord serait « fondamentalement différent par nature des accords de dénucléarisation conclus dans les années 1990 et au début des années 2000 ».

« C’est ce qui rend ce sommet particulièrement difficile ».

Pyongyang veut des garanties sur sa sécurité. Pour discuter de son arsenal et entamer des discussions sur la dénucléarisation Pyongyang réclame des garanties sur sa sécurité qui n’ont pas été précisées.

Quand Kim Jong-un s’était rendu le mois dernier à Pékin, son premier voyage à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, il avait assuré, selon l’agence officielle Chine Nouvelle, que la question pouvait être réglée si Séoul et Washington prenaient « des mesures progressives et synchronisées en vue de la réalisation de la paix ».

Dans le passé, le concept de « dénucléarisation de la péninsule » a pu signifier pour Pyongyang le départ des 28 500 militaires américains stationnés au Sud et le retrait du parapluie nucléaire américain, toutes choses impensables pour Washington.

« Les gros dossiers sont la paix et la dénucléarisation », a résumé à John Delury, professeur à la Yonsei University. Les deux Corées « peuvent faire beaucoup plus sur la paix que sur la dénucléarisation », estime-t-il. Mais le communiqué publié à la fin du sommet offrira « une chance d’analyser chaque mot, de lire entre les lignes, de voir ce qui y est et ce qui n’y est pas ».

Samedi, Kim Jong-un avait annoncé un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques à longue portée, affirmant que les objectifs étaient atteints. Il a également annoncé la fermeture du seul site nord-coréen connu d’essais nucléaires. Mais certains experts soupçonnent que le dernier test, en septembre, l’aurait rendu inutilisable.

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La Rédaction

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