Les visites effectuées mercredi 7 août par Donald Trump à deux villes endeuillées par des massacres survenus au cours du week-end précédent n’ont pas permis de créer l’unité nationale à laquelle le président des Etats-Unis avait pourtant appelé le 5 août.

A Dayton (Ohio) comme à El Paso (Texas), des manifestants ont même protesté contre sa venue, lui reprochant d’attiser les tensions par sa rhétorique souvent incendiaire, notamment à propos des migrants.

Lundi, au cours de la courte allocution qu’il avait alors prononcée, Donald Trump avait notamment invité les Américains à mettre de côté les querelles partisanes pour « condamner d’une seule voix le racisme, le sectarisme, et le suprémacisme blanc ». Il n’a cependant pas cessé, tout au long de la journée, de riposter avec virulence aux critiques de ses adversaires démocrates, aux dépens du rôle de consolateur en chef qui revient traditionnellement au président.

Avant de s’envoler pour Dayton, puis pour El Paso, Donald Trump a tout d’abord affirmé que ses propos controversés ont pour effet, selon lui, de « rassembler » ses concitoyens avant d’assurer que ses détracteurs tentaient de tirer un « bénéfice politique » de leurs accusations.

Après sa visite à l’hôpital de Dayton où sont soignées des victimes, le président des Etats-Unis, une fois à bord de l’Air Force One, s’en est pris sur son compte Twitter à la maire Nan Whaley et au sénateur de l’Ohio, Sherrod Brown – tous deux démocrates –, qui l’avaient accompagné sur place.

Attaques en tout genre

Il les a accusés d’avoir livré un récit déformé de son passage dans l’établissement hospitalier au cours d’une conférence de presse. Ils avaient pourtant loué l’un comme l’autre le geste de Donald Trump sans pour autant masquer leur frustration à propos de son manque d’empressement à s’attaquer au contrôle des armes à feu.

Le président a ensuite vanté la chaîne conservatrice One America News Network (OANN), comme il l’avait déjà fait en tout début de journée, pour avoir affirmé que le tireur de Dayton, tué au cours de l’attaque visant un quartier réputé pour sa vie nocturne, était proche de l’aile gauche du Parti démocrate. Puis, il s’est attaqué à l’ancien vice-président Joe Biden, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, qui a rappelé dans un discours musclé ses multiples ambiguïtés.

Il a encore défendu comme il l’a fait à de nombreuses reprises – la dernière fois au cours d’un entretien accordé à la chaîne conservatrice Fox News, le 6 juin – l’emploi du terme « invasion »pour qualifier l’immigration en provenance d’Amérique centrale.