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Afrique du Sud: Décès de Winnie Mandela

(FILES) In this file photo taken on September 26, 2016 Africa National Congress stalwart Winnie Madikizela Mandela looks on as she is greeted by Women League supporters gathered in Soweto to celebrate her 80th birthday. Former wife of Nelson Mandela Winnie Mandela has died, according to South African media on April 2, 2018. / AFP PHOTO / MARCO LONGARI

Winnie Mandela, l’ex-épouse de Nelson Mandela, est décédée ce lundi à l’âge de 81 ans.

Indomptable et charismatique, Winnie Madikizela-Mandela, décédée lundi à 81 ans, s’est imposée comme une égérie de la lutte anti-apartheid en reprenant le flambeau de son mari Nelson Mandela en prison, avant de déraper et être accusée de torture.

Le parcours de Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, connue sous le nom de “Winnie”, est indissociable du premier président noir d’Afrique du Sud, dont elle a été l’épouse pendant trente-huit ans, y compris les vingt-sept qu’il a passés en prison.

Née le 26 septembre 1936 dans la province du Cap oriental (sud), dont est également originaire Nelson Mandela, elle décroche un diplôme universitaire de travailleur social, une exception pour une femme noire à l’époque.

Son mariage en juin 1958 avec Nelson Mandela – elle a 21 ans, et lui, divorcé et père de famille, presque 40 – est vite contrarié par l’engagement politique de son mari.

“On n’a jamais eu vraiment de vie de famille (…) on ne pouvait pas arracher Nelson à son peuple. La lutte contre l’apartheid, la Nation venaient d’abord”, écrit-elle dans ses mémoires.

Après leur mariage, Nelson Mandela entre très vite dans la clandestinité. Restée seule avec leurs fillettes après son arrestation en août 1962, Winnie maintient la flamme du combat contre le régime raciste blanc.

La jeune assistante sociale est alors la cible de manoeuvres d’intimidation et de pressions constantes. Emprisonnée, astreinte à domicile, bannie dans un bourg à l’écart du monde où sa maison est visée par deux attaques à la bombe…

La “passionaria des townships”

Mais rien n’arrête la résistante, qui continue à défier les autorités blanches. Contre vents et marées, elle devient l’une des figures de proue du Congrès national africain (ANC), fer de lance de la lutte anti-apartheid. En 1976, elle appelle les lycéens de Soweto révoltés à “se battre jusqu’au bout”.

La radicale “passionaria des townships” se révèle pourtant, avec le temps, un handicap et une gêne pour l’ANC.

Alors que les traîtres présumés à la cause anti-apartheid sont brûlés vifs, avec un pneu passé autour du cou, elle déclare que les Sud-Africains doivent se libérer avec des “boîtes d’allumettes”. Un véritable appel au meurtre.

Winnie s’entoure d’un groupe de jeunes hommes formant sa garde rapprochée, le “Mandela United Football Club” (MUFC), aux méthodes particulièrement brutales.

En 1991, elle est reconnue coupable de complicité dans l’enlèvement d’un jeune militant, Stompie Seipei. Elle est condamnée à six ans de prison, une peine ultérieurement commuée en simple amende.

En 1998, la Commission vérité et réconciliation (TRC) chargée de juger les crimes politiques de l’apartheid déclare Winnie “coupable politiquement et moralement des énormes violations des droits de l’Homme” commises par le MUFC.

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La Rédaction

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