Mode

Afrique du Sud : Mode – Les créateurs ont le vent en poupe

En Afrique du Sud se tient une kyrielle de Fashion Weeks dans différentes capitales régionales, mais la South Africa Fashion Week (SAFW) à Johannesburg tient depuis vingt ans une place toute particulière.

Cet événement a révélé de nombreux créateurs débutants, tout en les confrontant aux acheteurs internationaux et en leur permettant d’entrer dans les boutiques de luxe sud-africaines. « Je dois dire que c’est vraiment très important de montrer ses créations. C’est une grande plateforme où les médias internationaux montrent au continent et au monde ce que nous savons faire », déclare Ephraim Molingoana, à la tête de la marque masculine Ephymol.

Tandis que Jacques van der Watt, le fondateur en 1999 de Black Coffee, devenu un label réputé, précise : « La SAFW a donné davantage de crédit aux vendeurs et aux marques aux yeux des consommateurs, tout en permettant aux stylistes locaux de revenir dans la course. » Exactement ce que souhaitait à l’origine Lucilla Booyzen, une ancienne enseignante devenue mannequin au début des années 80, qui se servit de son expérience internationale pour bâtir la bi-annuelle SAFW : « je pense qu’il s’agit du plus grand événement de la mode dans le pays.

Elle est formée rigoureusement sur le même modèle que la Fashion Week internationale. Les gens qui viennent sont des acheteurs, des médias et les clients, des stylistes, donc nous nous concentrons sur les entreprises en leur créant des opportunités. »

Créer des opportunités dans l’industrie du textile

Plus d’une cinquantaine de créateurs ont dévoilé leur collection automne-hiver 2018 lors de la dernière édition, qui s’est tenue à l’automne dernier. Des habitués des défilés de la SAFW, comme le couple Vanya et Thando Mangaliso de Sun Goddess, Andile Cele derrière DOPE ou la Swazilandaise Phiwase Nxumalo de House of Diva, ont côtoyé des marques de streetwear débutantes telles The Watermelon Social Club, Urban Outlaw 69 ou Bi Parel. La liste des prix décernés par la SAFW s’est encore allongée avec le lancement du Wool Prize, soutenu par toute la filière sud-africaine de la laine.

En effet, la compagnie aérienne Lufthansa soutient depuis 2013 un prix pour les stylistes avec moins d’une décennie d’expérience dans l’industrie de la mode, tandis que le spécialiste américain de lunettes de soleil Sunglass Hut, appartenant au groupe Essilor-Luxottica, sponsorise depuis trois ans celui dédié aux nouveaux talents.

« Les compétitions proposées par la SAFW sont des tremplins indéniables pour les stylistes qui ont un fort potentiel de croissance », précise Lucilla Booysen. Résultat, les jeunes créateurs comme Danielle Frylinck, Kentse Masilo, Liu Liu ou Mmusomaxwell, le gagnant du prix Nouveau Talent 2017, se pressent à la SAFW. Dernière ce lauréat se cachent Maxwell Boko et Mmuso Potsane, qui s’investissent dans la mode durable en n’utilisant que des fibres naturelles.

Cet engagement social est loin d’être isolé dans la nouvelle génération, comme Roman Handt ou Floyd Avenue qui s’est intéressé à l’appropriation culturelle. La jeune Sheila Madge en témoigne : « J’adorerais aider à reconstruire notre industrie textile qui a vu ses entreprises mettre la clé sous la porte à cause des modifications de la législation du travail. »

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La Rédaction

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