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Restitution d’œuvres : « L’Afrique a été pillée, nous ne pouvons pas l’ignorer »

Le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, dans la banlieue de Bruxelles, est considéré comme le dernier grand musée colonial en Europe, avec 120 000 objets ethnographiques collectés entre la fin du XIXe siècle et l’indépendance du Congo belge, en 1960, 10 millions de spécimens zoologiques, 3 km d’archives historiques, 1 km d’archives minières, 2 500 cartes historiques, 15 000 minéraux… Difficile de rester en marge du débat sur la restitution des œuvres d’art aux pays colonisés, relancé par l’engagement d’Emmanuel Macron de trouver, d’ici à cinq ans, « les conditions d’un retour temporaire ou définitif » des fonds en possession de la France. A la tête du musée de Tervuren depuis dix-sept ans, où il a entrepris une importante rénovation, Guido Gryseels considère que le temps est venu d’organiser, sous l’égide de l’Unesco, une discussion franche entre les conservateurs de musées des pays européens et africains concernés.

Guido Gryseels affirme “Nous participons de façon ouverte et transparente à ce débat qui est ancien car nous comprenons qu’il n’est pas normal qu’une si grande partie du patrimoine culturel de l’Afrique se trouve en Europe. Dans le cas du Congo-Kinshasa, nous parlons de plus de 500 000 objets. L’Afrique est un continent qui a été pillé, vidé. Nous ne pouvons pas ignorer ce sujet et nous devons trouver des solutions.

La prise de position du président français donne une impulsion nouvelle à cette discussion qui se déroulait jusqu’à présent dans le monde clos des musées. C’est une bonne chose, même s’il me paraît très ambitieux de vouloir régler la question en cinq ans. Chacun d’entre nous doit se déterminer.”

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La Rédaction

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