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En Birmanie, les Rohingya vivent sous la menace d’un « génocide »

(FILES) In this file photo taken on April 25, 2018, taken from Maungdaw district, Myanmar's Rakhine state on April 25, 2018 shows Rohingya refugees gathering behind a barbed-wire fence in a temporary settlement setup in a "no man's land" border zone between Myanmar and Bangladesh. Around 600,000 Rohingya Muslims remaining in Myanmar face a "serious risk of genocide", UN investigators said on September 16, 2019, warning the repatriation of a million of the minority already driven out of the country by the army remains "impossible". / AFP / Ye Aung THU

Des enquêteurs des Nations unies estiment dans un rapport que la Birmanie devrait être traduite devant la Cour pénale internationale.

Les quelque 600 000 Rohingya restant en Birmanie vivent sous la menace d’un « génocide », ont alerté, lundi 16 septembre, des enquêteurs de l’Organisation des Nations unies (ONU), demandant que les responsables soient traduits devant la Cour pénale internationale (CPI).

Dans un rapport, la Mission d’établissement des faits (MEF) de l’ONU sur la Birmanie explique avoir des « motifs raisonnables de conclure que les éléments de preuve qui permettent de déduire l’intention génocidaire de l’Etat […] se sont renforcés » depuis l’an dernier et « qu’il existe un risque sérieux que des actes génocidaires puissent se produire ou se reproduire ». Il en va de la « responsabilité de l’Etat », ce qui « signifie que la Birmanie devrait être traduite devant la CPI pour manquement aux obligations qui lui incombent en vertu de la Convention sur le génocide de 1948, l’un des rares instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme qu’elle a ratifié », estime la Mission.

Pour les enquêteurs de l’ONU, qui n’ont pas été autorisés à se rendre sur place, « la Birmanie continue de commettre des crimes contre l’humanité pour des actes inhumains qui infligent de grandes souffrances et des persécutions dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population rohingya ». Toujours selon ces enquêteurs, une liste confidentielle de 100 noms (en plus de six généraux déjà identifiés dans un précédent rapport) a pu être établie. Celle-ci comprend notamment des responsables birmans, soupçonnés d’être impliqués dans des cas de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Persécution et conditions de vie « déplorables »
Quelque 740 000 Rohingya avaient fui l’Etat de Rakhine (ou Arakan, dans l’ouest de la Birmanie) en août 2017, à la suite d’une opération de répression de l’armée birmane. Des familles entières avaient rejoint dans des conditions très difficiles 200 000 réfugiés victimes de persécutions et déjà installés dans des camps de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh.

Privation de terres, de nourriture, restrictions de la liberté de circulation, refus de laisser les personnes bénéficier d’aide humanitaire…, autant d’éléments ayant permis aux enquêteurs de déduire que « le gouvernement continue d’avoir des intentions génocidaires ». « Les 600 000 Rohingya qui restent en Birmanie sont systématiquement persécutés et vivent sous la menace d’un génocide », et leurs conditions de vie « déplorables » se sont aggravées en un an, selon les enquêteurs de l’ONU, pour qui « ces faits soulignent l’impossible retour » des réfugiés rohingya, de confession musulmane, en Birmanie, pays à forte majorité bouddhiste.

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« A moins que les Nations unies et la communauté internationale ne prennent des mesures efficaces cette fois-ci, cette triste histoire est destinée à se répéter. Le scandale de l’inaction internationale doit cesser », a déclaré un des enquêteurs de l’ONU, Christopher Sidoti. Ceux-ci ont demandé au début d’août que des sanctions plus lourdes soient prises à l’encontre de l’armée birmane, qui met son immense fortune au service des atrocités commises notamment contre les Rohingya. Cette fois, il demande un « moratoire sur l’investissement intérieur et international et l’aide au développement dans l’Etat de Rakhine ».

Le rapport accuse aussi l’armée de commettre de nouveaux abus contre les civils dans le nord de l’Etat de Rakhine, qui connaît une recrudescence des combats entre les militaires birmans et les rebelles de l’Armée d’Arakan (AA), qui luttent pour plus d’autonomie en faveur de la population bouddhiste.

Si le Conseil de sécurité de l’ONU a plusieurs fois appelé la Birmanie à l’arrêt des opérations militaires et au retour en toute sécurité des Rohingyas, ses initiatives restent entravées par la Chine, premier soutien de la Birmanie et membre permanent du Conseil, disposant donc d’un droit de veto.

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La Rédaction

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