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Que sait-on de l’accident nucléaire dans le nord de la Russie ?

Une explosion survenue jeudi 8 août dans une base militaire russe a fait cinq morts et trois blessés. Le gouvernement a reconnu la caractère nucléaire de l’accident. Voici ce que l’on sait.

Le 8 août, une explosion est survenue sur une base militaire située à Nionoksa, tout au nord du pays. L’agence nucléaire russe Rosatom, gérante de la base, a précisé que l’accident avait eu lieu sur “une plateforme maritime”, entraînant la chute de plusieurs de ses employés à la mer.

Combien y a-t-il de victimes ?

Cinq morts et trois blessés. Après avoir annoncé deux victimes touchées mortellement, le gouvernement a revu à la hausse samedi 10 août le bilan de l’explosion survenue en Russie. Rien ne dit que les cinq victimes incluent les deux annoncées par le ministère de la Défense, tout de suite après l’accident.

Quelle est la nature de cette explosion ?

Les autorités ont reconnu samedi le caractère nucléaire de l’explosion. C’est la partie propulsive d’un missile expérimentale contenant des liquides radioactifs qui a explosé.

Y a-t-il eu propagation d’éléments radioactifs ?

L’explosion aurait entraîné une brève augmentation de la radioactivité dans les environs. C’est ce qu’aurait constaté la mairie de Severodvinsk, commune de 190 000 habitants à 30 kilomètres de la base militaire. En effet, des taux de radioactivité ont été publiés sur le site internet de la mairie, avant d’être retirés. Le niveau de radiation serait monté jusqu’à 2.0 microsievert par heure pendant trente minutes, la limite réglementaire étant de 0,6 microsievert par heure, selon un responsable local de la défense civile interrogé par l’agence de presse russe TASS.

Les autorités russes, qui n’ont publié que peu d’informations sur le déroulé des événements, ont indiqué qu’il n’y avait pas eu de contamination radioactive. La nouvelle de l’explosion a tout de même entraîné la panique des habitants de Severodvinsk, qui se sont rués vers les commerces pour s’approvisionner en pastilles d’iodes, comme le raconte une pharmacienne à l’AFP : “En une heure on a vendu tous les stocks”, a-t-elle déclaré.

Quels types d’essais étaient réalisés sur cette base ?

Cette base, ouverte en 1954, est spécialisée dans les essais de missiles balistiques de la flotte russe. Pour Jeffrey Lewis, chercheur américain, l’explosion serait liée à un missile à propulsion nucléaire en cours d’expérimentation et dévoilé par Vladimir Poutine au mois de février dernier. Un missile qui, en cas de crash, “provoquerait probablement une dispersion significative” d’éléments radioactifs, a expliqué sur Twitter l’analyste américain Ankit Panda.

Ces expériences seraient réalisées par les Russes pour la recherche spatiale, selon Boris Jouïkov, un expert nucléaire de Moscou. Les niveaux de radioactivité relâchés n’ont “absolument rien de comparable avec ceux d’accidents sérieux dans des réacteurs” a-t-il précisé. Des propos qui ont leur importance dans un pays qui a connu sur son territoire (l’URSS à l’époque) l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire en 1986, dans la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Les images d’explosion relayées sur internet sont-elles celles de la base de Nionoksa ?

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, ont été diffusées des vidéos illustrant l’explosion survenue à Nionoksa : on y voit  une explosion, accompagnée d’un incendie et d’un impressionnant panache de fumée noire. L’explosion de Nionoksa a eu lieu sur une plateforme, au beau milieu de la mer, mais ici, on distingue une forêt au premier plan.

Cette scène, capturée et largement relayée, se passe bien en Russie mais n’est pas liée à l’explosion nucléaire de la base de Nionoksa. Elle se déroule trois jours plus tôt, le lundi 5 août, à Kamenka, au sud-est du pays. Ce jour-là, un dépôt de munitions a explosé et pris feu, faisant douze blessés et provoquant l’évacuation de 9 500 personnes vivant dans les environs. Il y a donc méprise sur les images relayées ce lundi 12 août pour illustrer l’explosion nucléaire de Nionoksa. Et comme le démontrent des internautes il y a pourtant trois jours et 4 000 km qui séparent ces deux événements.

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La Rédaction

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