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La stratégie anti-déforestation et l’huile de palme en Afrique

Plantation workers prepare to unload freshly harvested oil palm fruit bunches at a collection point.

Les opérations conduites au Liberia, en Sierra Leone, au Gabon, au Congo et au Cameroun par quelque vingt-cinq entreprises européennes (Siat, Scofin), américain (African Palm Corp), africains (Sifca, Palmafrique, Adam) et surtout asiatiques (Olam, Golden Agri-Resources, Sime Darby)  s’expliquent par au moins trois facteurs : la disponibilité de terres, l’augmentation de la demande locale et mondiale et les perspectives de juteux retours sur investissement.

Les avantages de la culture de l’huile de palme sont décisifs. Compte tenu de la productivité du palmier à huile, Il faudrait 3 à 8 fois plus de terres cultivables et jusqu’à 100 fois plus d’intrants chimiques pour produire une tonne d’huile végétale issue d’autres plantes oléagineuses, qui sont en outre majoritairement OGM. En outre, elle possède, contrairement aux cultures de rente majoritairement exportées comme le cacao ou l’hévéa, l’avantage d’être destinée  pour partie  au marché local. Elle est une denrée de base, à l’image du sucre ou de la farine, elle est plébiscitée par les ménages africains pour son coût abordable. Et cette demande n’est pas près de se tarir.

Les plantations sont souvent dénoncées pour leur impact négatif sur les écosystèmes. En transformant des dizaines de milliers d’hectares de forêts en plantations, les investisseurs mettent à mal des massifs forestiers qui constituent d’immenses puits de carbone et des réserves de biodiversité uniques au monde, à commencer par les forêts tropicales du bassin du Congo. En RDC, la plantation Brabanta, filiale de la Socfin, couvre 29 000 hectares dans la province du Kasaï.  Environ 20 000 hectares de forêts denses, y compris des zones de forêts, sont potentiellement menacés. Sur l’île de Sao Tomé, le Parc national d’Obo présente une faune et une flore au taux d’endémisme élevé… désormais menacées par Agripalma, la filiale de la Socfin dans le petit pays.

Devant ces risques, la Banque mondiale a été amenée en 2012 à ne plus financer les projets dans l’huile de palme susceptibles de provoquer une trop forte déforestation, préférant soutenir les initiatives qui encouragent la production sur des terres dégradées et  cherchent à améliorer la productivité des plantations existantes. La Banque mondiale a rappelé que le respect d’un certain nombre de critères sociaux et environnementaux était indispensable. En premier lieu, la consultation et l’accord des communautés concernées, le respect des zones forestières à haute valeur de conservation, l’intégration dans ces projets d’agriculture intensive des petits planteurs et producteurs ou encore la sécurisation des droits fonciers. De leur côté, les pays importateurs occidentaux ont été conduits à exiger la mise en place de la certification RSPO (table ronde sur l’huile de palme durable). Sous la pression des ONG (WWF, Greenpeace), la majorité des firmes concernées (distributeurs, industries agro-alimentaires, fabricants d’alimentation du bétail…) qui achètent de l’huile de palme sont incitées à s’engager en faveur de l’utilisation d’huile de palme respectant un minimum de garanties environnementales.

L’Initiative pour l’huile de palme en Afrique, coordonnée par Proforest au nom de l’Alliance pour les forêts tropicales 2020, bénéficie du soutien du Royaume-Uni et de WWF, autour de l’engagement de sept pays du continent à développer une production intelligente et durable de l’huile de palme. Le Gabon, le Cameroun, la Centrafrique, la RD Congo, le Ghana, le Libéria, le Nigéria, le Congo et la Sierra–Leone veulent atteindre l’objectif zéro déforestation, en tenant compte des actions liées à la résolution des conflits fonciers, la sécurité foncière et les droits fonciers, l’augmentation durable des rendements des petits exploitants ainsi que l’amélioration de la qualité des données des chaînes d’approvisionnement de l’huile de palme.

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La Rédaction

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