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Extinction Rebellion : les militants bloquent le centre de Paris, une série d’actions à Londres, Berlin et New York

De Sydney à Londres en passant par New York, les militants écologistes d’Extinction Rebellion ont entamé ce lundi deux semaines d’actions coups de poing à travers le monde pour dénoncer l’inaction “criminelle” des gouvernements face à la crise climatique. À Paris, la place du Châtelet est toujours investie ce mardi matin.

Ils avaient donné le ton ce week-end en occupant pendant 17 heures un centre commercial à Paris. Ce lundi 7 octobre, quelques centaines de militants écologistes d’Extinction Rebellion (XR) bloquent toujours le centre de Paris, au premier jour officiel d’une série d’actions pour réclamer des actes concrets contre le réchauffement climatique. Les manifestants ont déployé vers 15h30 des bottes de paille sur le quai de la Mégisserie puis se sont assis sur la chaussée, bloquant la place du Châtelet et le pont au Change qui mène vers l’île de la Cité, tout près de la préfecture de police endeuillée par l’attaque au couteau de jeudi dernier.

“Ici on se rebelle”, “Ici on joue”, “La rue est à nous”, pouvait-on lire sur des banderoles déroulées sur le pont, où trônait également un bateau bleu aux voiles frappées du logo reconnaissable de XR, un sablier stylisé à l’intérieur d’un cercle. Une vedette aux couleurs du mouvement circulait sur la Seine. Des tentes ont commencé à être installées. Les “anges gardiens” en veste orange du mouvement, chargés de maintenir le calme, ont pris place entre les manifestants assis par terre et les forces de l’ordre bloquant l’accès à la rue du Palais de justice.

À 22h, les militants occupaient toujours la place du Châtelet et devaient y passer la nuit. A minuit, ils appelaient ainsi tous ceux qui le souhaitaient à les rejoindre, immédiatement ou au matin, “avec des boissons chaudes ou même de l’eau”. Ce mardi, après y avoir passé la nuit dans le calme, quelques centaines de militants et sympathisants étaient encore présents.

Cette occupation s’inscrit dans le programme du collectif XR qui a prévu une dizaine d’actions pour dénoncer l’inaction “criminelle” des gouvernements à travers le monde face à la crise climatique qui s’étaleront jusqu’au 12 octobre.

Londres ou l’épicentre de la mobilisation

À Londres, qui s’annonçait comme un épicentre de la mobilisation du mouvement, né en 2018 au Royaume-Uni et qui prône la désobéissance civile, les manifestants ont bloqué Westminster, où sont concentrés les lieux de pouvoir, et ont mené des actions sur plusieurs sites, dont le pont qui fait face à Big Ben, que la police locale avait fermé à la circulation.  “Stop à la guerre, stop au changement climatique”, pouvait-on lire sur certaines pancartes. Selon un bilan de la police londonienne, communiqué lundi en fin de journée, 276 personnes ont été arrêtées, dont certaines dès ce week-end.

Extinction Rebellion espère rassembler dans la capitale britannique 20.000 à 30.000 personnes pendant les deux semaines d’actions coups de poing. Le mouvement écologiste compte ainsi réunir cinq fois plus de monde qu’en avril dernier, où les activistes avaient mené pendant 11 jours des actions perturbant la circulation, donnant lieu à plus de 1100 arrestations.

En Espagne, le mouvement a rassemblé 200 manifestants devant le ministère de la Transition écologique à Madrid, où certains ont installé des tentes dans l’intention de camper. “Le moment est venu de mettre en pratique des mesures de pression beaucoup plus fortes. Seule une révolution mondiale, massive, accompagnée de désobéissance civile non violente peut générer les changements nécessaires à notre survie”, a lancé une porte-parole espagnol de XR, Mabel Moreno. Des actions d’ampleur ont aussi été menées à Berlin et Amsterdam, où les autorités néerlandaises ont procédé à plus de 90 arrestations. Quelque 75 personnes ont été interpellées à Vienne pour avoir bloqué une des principales artères du centre-ville.

Des actions de blocage aux quatre coins du monde

Plusieurs autres actions de blocage sont en cours à travers le monde. Des événements sont prévus en Afrique du Sud, en Inde et en Argentine. Au Canada, plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué des ponts autoroutiers dans au moins trois villes : Toronto, Halifax et Edmonton. D’autres actions étaient attendues dans la journée à Vancouver et Victoria. À New York, un “symbolisme du capitalisme”, incompatible avec les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, les militants se sont réunis devant le New York Stock Exchange, plus communément appelé Wall Street. Environ 200 militants vêtus de noir ont mis en scène une “marche funèbre”. Entourant des cercueils de carton symbolisant les victimes du changement climatique, parfois couverts de faux sang, ils se sont allongés au milieu de la rue. Une trentaine d’individus ont été interpellés.

Plus tôt dans la journée, l’Australie et Nouvelle-Zélande avaient donné le coup d’envoi de ces actions. Dans le centre de Sydney, des centaines de personnes participant à un “sit-in” sur une route très fréquentée ont été délogés par la police. Une trentaine de manifestants ont été inculpés. À Wellington, des militants d’Extinction Rebellion se sont enchaînés à un bateau rose pâle, bloquant l’une des principales artères de la capitale néo-zélandaise. Trente interpellations ont également eu lieu mais aucune charge n’a été retenue contre eux. Lors de cette semaine, les manifestations pro-climat prévoient des événements comme la promulgation de la disparition des abeilles, un défilé nu ou encore un cortège funèbre pour la planète.

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La Rédaction

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